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Cigarette électronique, d’hier à aujourd’hui : que sait on réellement ?

Les cigarettes électroniques sont toujours plus utilisées comme alternative à la nicotine, vous en voyez sans doute quand vous vous rendez au restaurant ou en terrasse des bars. Il n’est plus rare de croiser des vapoteurs indisciplinés au cinéma ou dans d’autres endroits confinés, mais c’est une autre histoire.

Ces fumeurs ont choisi la cigarette électronique comme moyen pour arrêter de fumer. Cependant, depuis le début de la « vap’épopée », un débat fait rage concernant le manque de données probantes concernant les méfaits associés à leur utilisation à long terme, ainsi que sur leur potentiel de passerelle vers le tabagisme chez les adolescents.

Une étude publiée très récemment dans la revue « Pediatrics » a trouvé pas moins de 5 toxines cancérigènes dans l’urine des jeunes de 16 ans qui inhalent de la vapeur de cigarette électronique.

Les E-cigarettes sont pourtant largement promues comme une aide au sevrage tabagique, mais pour la plupart des gens, elles rendent en fait plus difficile l’arrêt définitif, et la plupart finissent en « utilisateurs doubles ».

La science et les politiques réagissent vivement depuis plus d’une décennie, car différentes études ne cessent de tomber, avec des résultats parfois contradictoires.

L’historique de l’e-cig

inventeur e cigarette

2003 : du cerveau fumant de Hon Lik démarre l’histoire

Hon Lik, pharmacien de 52 ans de Pékin, gros fumeur de cigarettes, rêve qu’il se noie dans une mer profonde, qui laisse finalement place à un épais brouillard. Ce rêve plus sa volonté à vouloir sauver son père atteint d’un cancer du poumon mènent à la création de la première cigarette électronique.

Il ne pourra sauver son père, mais sa création est vouée au succès, et en 2007, elle est intronisée en Europe et aux États-Unis par le fabricant Ruyan en tant que « moyen d’arrêter de fumer en toute sécurité » (rien que ça).

Mais Hon n’était pas la première personne à avoir l’idée d’une « tabatière électronique ». On pourrait très bien attribuer cette invention du diable à Herbert A. Gilbert, ayant déposé un brevet en 1963 pour ce concept, à une époque où le tabagisme était largement accepté et où l’on ne connaissant pas encore trop les risques liés à la santé.

2008 : OMS sonne la fin de la fête du slip marketing !

En septembre 2008, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) annonce que les marketeux doivent immédiatement retirer toute allégation selon laquelle les e cigarettes constituent un « moyen sécuritaire et efficace pour arrêter de fumer », et pour cause, il n’y a strictement aucune preuve scientifique confirmant l’innocuité et l’efficacité du produit.

Peu de temps après, « comme par hasard », une étude financée par le fabricant d’e-cigarettes Ruyan déclare que le produit serait 100 à 1 000 fois moins dangereux que le tabac que l’on fume, justifiant que la nicotine n’est pas absorbée par les poumons, mais par les voies respiratoires supérieures…

2009 : La bataille fait rage

En mai 2009, la Food and Drug Administration (FDA) publie les résultats d’un test effectué sur deux marques de e-cigarettes américaines, NJOY et Smoking Everywhere, montrant qu’ont été retrouvé des quantités très faibles de nicotine dans des cartouches indiquées comme étant exemptes de nicotine…bien !

En juillet, un communiqué de presse de la FDA décourage vivement l’utilisation des e-cigarettes, affirmant qu’elles contiennent des substances cancérigènes et un ingrédient utilisé dans l’antigel, le diéthylèneglycol.

Mais il y a déjà une autre préoccupation, en effet, les cigarettes électroniques sont commercialisées et vendues à des jeunes qui, intrigués par les nombreuses saveurs telles que le chocolat ou la menthe, développe de mauvaises habitudes qu’ils n’avaient pas…

À la fin de l’année, Amazon tente de freiner la vente de e-cigs sur sa marketplace.

2011 : L’e-cig fait un tabac

Nous sommes en plein boum, c’est à cette époque qu’en France, on commence à voir fleurir tout un tas de magasins au noms aussi inspirés que les salons de coiffure. C’est aussi à ce moment que les premiers e-commerce se montent et proposent l’achat à distance de cigarettes comme sur Calumette.com.

Les e-liquides suivent le même chemin. Cependant ils ne sont pas tous égaux devant la qualité de leurs ingrédients, il faut donc se tourner vers des produits les plus purs, et les plus sûrs.

Certaines sociétés comme DLICE, Une entreprise 100% française se lance dans la fabrication de e-liquides Premium . Les saveurs sont diverses, vous pouvez y trouver du Classic, Drink, Fruité, Frais, Gourmand, et Série spéciale. Dlice utilise des ingrédients naturels et se plie à la norme en vigueur à savoir : AFNOR XP D 90-300-2, FDA et USP.

La science quant à elle commence à accélérer les études sur le sujet. Plusieurs études révèlent que l’intérêt pour les e-cigarettes est bel et bien au rendez-vous, les recherches Google associées sont plus élevées aux États-Unis que dans n’importe quel autre pays.

Il ressort des questionnaires que les usagers de cigarettes électroniques succombent au marketing, car :

  • c’est moins toxique que le tabac
  • c’est moins cher que le tabac
  • cela aide à cesser de fumer ou à réduire sa consommation

En parallèle, de petites études montrent qu’une majorité de consommateurs parviennent à réduire le nombre de cigarettes classiques fumées grâce au vapotage, ce qui sert bien le marketing physique et en ligne.

2013 : Les e-cigs aident-ils vraiment les fumeurs à cesser de fumer ?

Plusieurs publications parues en 2013 montrent qu’il y a finalement peu de preuves que les e-cigarettes aident les fumeurs à cesser de fumer. Une étude transversale portant sur 1 836 fumeurs de tabac révèle une association infructueuse entre « vapoteur » et « ex-fumeur ». En clair, peu sont ceux qui cessent de fumer définitivement.

Une étude du New Zealand Health Research Council portant sur 657 fumeurs met en lumière que les e-cig sont modérément efficaces pour aider les fumeurs à cesser de fumer, peu importe qu’elles contiennent ou non de la nicotine. Cependant, les résultats semblent similaires à ceux des patchs de nicotine.

2014 : Des produits toxiques ?

De plus en plus d’appels sont passés aux centres antipoison, la moitié d’entre eux concernent des enfants de moins de 5 ans qui ingèrent la substance dans leurs yeux ou sur la peau.

Une étude menée auprès de plus de 75 000 adolescents coréens montre que l’utilisation de la cigarette électronique est fortement associée au tabagisme traditionnel et à la forte consommation des cigarettes classiques.

En ce qui concerne l’innocuité, une étude révèle que les cigarettes électroniques contiennent des nitrosamines et des métaux lourds spécifiques au tabac comme le cadmium, le nickel et le plomb, mais que les concentrations sont de 9 à 450 fois plus faibles que celles des cigarettes traditionnelles.

Pourtant, les chercheurs ne sont pas convaincus. Et pour cause, il n’existe toujours aucune donnée concernant le risque de cancer ou les effets cardiovasculaires à long terme.

2015 : Vapoter pourrait être dangereux, mais peut être une aide à l’abandon

Une étude publiée dans le New England Journal of Medicine sonne l’alerte en signalant que certaines cigarettes électroniques libèrent du formaldéhyde (un cancérogène) lorsqu’elles sont chauffées par des batteries à haute tension.

Une autre étude se penche sur 51 des quelque 7 000 arômes d’e-cigarettes alors commercialisés pour vérifier la présence d’un produit chimique aromatisant appelé diacétyl, associé à une pathologie du poumon. Bingo : l’étude montre la présence de ce diacétyle à des concentrations plus élevées que la normale dans 39 des saveurs testées.

Toutefois, un rapport publié en 2015 par Public Health England encourageait l’homologation médicale de la cigarette électronique au Royaume-Uni en tant que thérapie de substitution à la nicotine, déclarant que l’utilisation du vapotage est « 95 % plus sûre que le tabagisme » et « peut aider les gens à arrêter de fumer et à réduire leur consommation de cigarettes ».

Des recherches menées par le Baromètre de la santé en France, donnent lieu à des entrevues téléphoniques auprès de plus de 15 000 personnes, révèlent que l’e-cig aurait aidé « plusieurs centaines de milliers » à cesser de fumer, du moins temporairement.

2016 : Vaper une porte à l’usage du tabac ?

Fin janvier, BMJ publie une étude selon laquelle 68% des 2000 élèves hawaïens interrogés déclarent que les cigarettes électroniques leur paraissent plus saines que le tabac.

Mi-juin, la CCL publie des données sur l’utilisation de la cigarette électronique chez les adultes qui travaillent, montrant qu’environ 5,5 millions d’Américains utilisent les cigarettes électroniques, mais que 16% d’entre eux ont aussi tendance à continuer de fumer des cigarettes conventionnelles.

Le même jour, le CDC publie des données tirées de l’Enquête nationale sur les comportements à risque chez les jeunes, qui montrent que, bien que le tabagisme ait atteint un creux historique chez les élèves du secondaire, 24% d’entre eux déclarent tout de même avoir consommé des cigarettes électroniques au cours des 30 derniers jours.

Le constat est clair : le tabagisme est à son plus bas niveau, mais les jeunes adoptent de nouveaux comportements à risque, comme l’utilisation de la cigarette électronique. Plus inquiétant, une étude a montré que les adolescents qui utilisent ces versions aromatisées sont moins susceptibles de considérer le tabagisme comme dangereux et donc plus susceptibles de commencer à fumer.

En août, des chercheurs découvrent que le fait de fumer pendant 30 minutes peut être aussi néfaste pour le cœur humain que de fumer des cigarettes. Une équipe de l’Hippokation General Hospital d’Athènes, en Grèce, lors du congrès annuel de la Société Européenne de Cardiologie présente les résultats d’une petite étude dans laquelle ils ont suivi le cœur de 24 fumeurs qui fumaient à la fois des cigarettes ordinaires et des e-cigarettes, respectivement pendant 5 ou 30 minutes.

Le fait de fumer une e-cigarette pendant 30 minutes a un effet sur la raideur de l’artère principale du cœur, l’aorte, dans une mesure similaire à celle d’une cigarette ordinaire pendant cinq minutes. Cette rigidité accrue augmente le risque de maladie cardiovasculaire.

Cela montre une fois de plus que les cigarettes électroniques ne peuvent pas être considérées comme sans risque.

2017 : E-cigarettes peut-être plus sûres que les cigarettes conventionnelles

Selon une étude publiée dans Annals of Internal Medicine, d’anciens fumeurs qui ont remplacé les cigarettes standard par des e-cigarettes ont considérablement réduit leur consommation de produits chimiques cancérigènes.

Bien qu’il soit clair que le vapotage n’est en rien un comportement sain, beaucoup de gens soutiennent qu’il est au moins « mieux que le tabagisme classique ». Pourtant, les preuves scientifiques font cruellement défaut.

Une étude à long terme financée par Cancer Research UK a comparé l’exposition à la nicotine, aux substances cancérigènes et aux toxines liées au tabac chez cinq groupes de personnes, y compris celles qui fument uniquement des cigarettes classiques, les anciens fumeurs qui sont devenus des utilisateurs de longue date de cigarette électronique et les anciens fumeurs qui utilisent maintenant des patchs de nicotine. Les participants ont fourni des échantillons d’urine et de salive. Les chercheurs ont également analysé les biomarqueurs de la nicotine, des ingrédients cancérigènes et d’autres toxines.

Les chercheurs ont découvert que tous les groupes avaient des niveaux similaires de nicotine.

Cependant, les utilisateurs à long terme d’e-cigarettes présentaient des niveaux plus faibles de substances cancérogènes et de toxines liées au tabac que les fumeurs de cigarettes traditionnels. En fait, les fumeurs exclusifs d’e-cigarette voyaient leur consommation de produits chimiques cancérigènes chuter de façon spectaculaire à un niveau que l’on retrouve chez les personnes qui utilisent des substituts de la nicotine.

Cependant, c’est à prendre avec des pincettes, car le protocole présente des faiblesses, comme le nombre insuffisant de participants et les périodes irrégulières de prélèvement d’échantillons. L’étude ne tenait pas non plus en compte les dommages causés par les produits chimiques dans les cybercigarettes.

D’autant que rares sont les personnes qui ne s’en tiennent qu’à l’ e-cigarette.

2018 : E-cigs peut doubler le risque de crise cardiaque

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Coup de tonnerre en février dernier, des chercheurs de l’Université George Washington ont découvert que l’utilisation quotidienne d’ e-cig double le risque de crise cardiaque. Si les fumeurs d’ e-cigarettes continuent également de fumer des cigarettes classiques, leur risque est multiplié par cinq.

Or, c’est le cas de la plupart des gens qui utilisent la cigarette électronique. L’étude a analysé les données des enquêtes nationales de 2014 et 2016 sur la santé réalisées auprès de près de 70 000 Américains.

Selon les chercheurs, l’une des raisons en est que même si les e-cigs contiennent moins de substances cancérigènes que les cigarettes ordinaires, ils contiennent des niveaux élevés de particules ultrafines et d’autres toxines qui ont été associées à des risques accrus de maladies pulmonaires cardiovasculaires et non cancéreuses – qui représentent plus de la moitié de tous les décès causés par le tabagisme.

Une semaine plus tard, une étude publiée dans Pediatrics révèle que les vapeurs d’e-cigarette peuvent contenir jusqu’à cinq toxines cancérigènes. En analysant la salive et l’urine des adolescents de 13 à 18 ans qui avaient fumé des cigarettes électroniques récemment, des chercheurs de l’Université de Californie ont trouvé des niveaux significativement plus élevés de benzène, d’oxyde d’éthylène, d’acrylonitrile, d’acroléine et d’acrylamide chez les adolescents qui fumaient des cigarettes électroniques (par rapport à ceux qui n’en fumaient pas). S’ils fumaient également des cigarettes, les niveaux étaient encore plus élevés.

Une autre étude en pédiatrie a révélé que les jeunes qui font l’expérience de la cigarette électronique sont près de deux fois plus susceptibles de devenir des fumeurs de cigarettes ordinaires.

Que retenir ?

Ce qui est certain, c’est que nous ne sommes pas au bout de nos surprises avec la cigarette électronique et que le phénomène est loin d’être passé. La science a encore beaucoup de travail sur le sujet.

Le nombre de vapoteurs ne cesse en tout cas d’augmenter, il a pris +120% en 3 ans ! La part des utilisateurs de cigarette électronique chez les adultes en France et au Royaume-Uni s’élève respectivement à 3,2% et 4,2%. Ce sont les deux pays où l’on utilise le plus ces dispositifs.

La bonne nouvelle s’il en est une, c’est que le nombre de doubles utilisateurs « vape-tabac » tend à baisser (64% en 2013 à 43% en 2016), à mesure que le nombre d’anciens fumeurs augmente chez les vapoteurs.

Même si les études publiées depuis le début sur le sujet ne tombent pas toutes d’accord, il y a tout de même quelques choses de sûres :

  • l’e-cigarette est malheureusement perçue comme plus saine que le tabac chez les jeunes et semble représenter une porte d’entrée au tabagisme (attirés par les saveurs) qui fumeront plus tard leurs premières cigarettes classiques.
  • l’e-cigarette n’est certainement pas un moyen sécuritaire d’arrêter de fumer et engendre des risques sur la santé (d’autant plus si vous vapotez de longues durées), nicotine ou non.
  • le double emploi cigarette électronique/cigarette est à proscrire, car il augmente drastiquement les risques sur la santé.
  • les fumeurs exclusifs de cigarette électronique semblent avoir réussi à baisser leur consommation de produits chimiques cancérigènes.

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